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Début de l'internat de médecine

Début de l'internat de médecine

Interne en médecine, kézako ? Pour définir un interne en médecine, je dirai qu’il s’agit d’abord d’un être humain. Ensuite, je dirai qu’un interne est une personne qui a réussi les 6 premières années d’étude de médecine comprenant les 2 concours (la PACES et les ECN). Mais un interne n’est pas encore un docteur : un interne exerce des fonctions de médecin à l’hôpital public, sous la responsabilité d’un médecin senior.

Pour ma part, comme je vous l’expliquais dans l’article précédent, j’ai choisi de réaliser un internat d’anesthésie-réanimation.

Angoisse avant de débuter l’internat

xanax

Grâces aux ECN en fin de 6e année de médecine, il est vrai de dire que nous devons acquérir énormément de connaissances théoriques. Mais croyez-moi, celles-ci s’oublient bien vite une fois le concours terminé !

En revanche à cause des ECN, on ne peut pas dire que l’on apprend réellement la médecine. Pourquoi ? Simplement parce qu’il nous manque de la pratique ! Ce n’est pas avec les stages d’externe que l’on accumule de l’expériences… En effet, durant l’externat j’ai personnellement beaucoup plus été utilisé en tant que secrétaire que ce que j’ai pratiqué la médecine…

Avec l’internat, on passe donc brutalement d’un statut d’étudiant à un statut de médecin avec les prises de décisions et les responsabilités qui en découlent. Vous comprenez donc mon angoisse quelques jours avant la rentrée des nouveaux internes le 5 novembre !

Transition de l’externat vers l’internat

responsabilités

En tant que nouvel interne d’anesthésie-réanimation, j’ai l’obligation de réaliser 2 stages de 6 mois cette année : un stage d’anesthésie et un stage de réanimation.

Personnellement, j’ai préféré débuter par l’anesthésie : je pense que cela me permettra d’apprendre tranquillement les gestes que tout anesthésiste-réanimateur doit savoir réaliser, comme la pose de perfusions, de cathéters artériels, de voies veineuses centrales, diverses sondes, l'intubation et la ventilation mécanique. J'espère aussi me familiariser avec les différentes drogues et appareils.

Je pense en effet qu’il est plus simple de commencer en anesthésie (tranquillement accompagné par les infirmiers anesthésistes, dans le silence et le calme du bloc opératoire), plutôt qu'en réanimation (où les chefs sont toujours dans l’urgence avec des patients en état critique).

J’ai également choisi un stage dans un petit hôpital de périphérie, en ayant comme idée derrière la tête que ce n’est pas l’usine comme au CHU. J’espère que l’équipe soignante aura plus de temps à m’accorder et que je pourrai bénéficier d’un véritable compagnonnage avec les médecins pour ainsi apprendre mon métier sur de bonnes bases solides.

De plus, j’ai également choisi de commencer par un stage d'anesthésie car le bloc opératoire tourne très bien sans ma présence et ainsi en étant motivé je peux profiter d’apprendre à chaque instant sans perdre de temps avec choses inutiles comme l’administratif...

Etant donné que l’anesthésie n’est pas vraiment traitée au programme des ECN, un tel choix de stage me parait donc pertinent pour débuter dans cette spécialité. C’est donc une entrée en matière dans l’internat tout en douceur.

Ma première journée

Ma première journée d’interne s’est très bien passée. J’ai rencontré le chef de service, rempli quelques papiers administratifs (pour recevoir mon premier salaire : houra), visité les locaux et défini mes objectifs de stage :

  • Savoir utiliser les logiciels de l’hôpital
  • Savoir installer les malades sur la table d'opération
  • Connaître le matériel indispensable au bloc opératoire
  • Savoir scoper les patients (saturation, ECG, tension) pour les monitorer
  • Savoir poser des voies veineuses périphériques (VVP) pour les perfusions, des artériocath (KTA) pour monitorer la pression artérielle en continu et des voies veineuses centrales sous échographie (VVC / KTC) pour perfuser des amines entre-autres
  • Connaître les différentes drogues d’anesthésie, savoir les préparer et les utiliser à bon escient
  • Savoir intuber les patients
  • Savoir régler le respirateur pour la ventilation mécanique et comprendre leur fonctionnement
  • Être à l'aise dans la prise en charge post-opératoire : antalgiques, anticoagulants, etc

Le simple fait de voir mes objectifs de stage m’a donné le sourire : cela me plait énormément, c’est ce job là que je veux faire !

peur

Puis, retour à la réalité… Je me suis lancé dans le bloc !

J’ai commencé par me présenter 1000 fois, à 100 personnes différentes, et elles m’ont oublié dans les minutes qui ont suivies…

Je ne savais pas par où commencer, où me positionner dans le bloc, où je devais aller, qu’est-ce que je devais faire, etc. Bref, une sensation de malaise absolu ! C’est vraiment dur de trouver sa place au début !

Personnellement comme je n’ai pas eu de stage d’anesthésie durant mon externat, je ne savais rien faire ! Au début, très motivé, j’ai tenté d’aider mais j’étais plus nuisible qu’autre chose, je ralentissais le déroulement normal…

Alors j’ai regardé, sans bruits, dans un coin, les bras croisés, en faisant attention de ne pas faire de bêtises.

Puis, une fois la chirurgie débutée durant la phase d’entretien de l’anesthésie, j’ai pu discuter avec l’IADE qui a été vraiment géniale avec moi et qui m’a expliqué beaucoup de trucs. Je la remercie énormément d'ailleurs !

Persévérer, s’adapter, apprendre, comprendre, encore…

En fait, cette situation s’est répétée quotidiennement… Mais petit à petit, opérations après opérations, jours après jours, je commence à prendre mes marques et je fais de plus en plus de choses.

En réalité ce n’est vraiment pas simple de se dire qu’on a travaillé dur pour en être là aujourd’hui, et qu’on ne comprend rien du tout à ce qu’il se passe. Ce n’est pas simple de se dire qu’il va falloir encore travailler énormément pour être anesthésiste-réanimateur !

Ainsi, d’après les conseils avisés de mes chefs et des IADE, j’ai acheté 2 bouquins pour apprendre les bases de l’anesthésie-réanimation. Les voici :

Ils m’ont également préconisé de lire le MAPAR 2016, un livre détaillant tous les protocoles d’anesthésie et de réanimations recommandés actuellement, mais celui-ci devrait ressortir en 2019 : alors j’attends un peu avant de me l’offrir !

En conclusion, je suis vraiment très très loin du médecin que j’ai envie d’être. La montagne à franchir à l’air encore tellement grande ! Mais je progresse à mon rythme, je travaille et je persévère ! Rendez-vous dans un mois pour faire un premier bilan.

Bon courage à vous aussi !