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Maladies infectieuses

Maladies infectieuses

Dans l’environnement, l’Homme est en contact permanent avec de très nombreux microbes différents, et leurs interactions peuvent se caractériser de 3 manières :

  • Relation commensale : les 2 entités vivent côte à côte, en permanence ou de manière temporaire, sans être délétère l’un par rapport à l’autre.
  • Relation synergique : les 2 entités ont besoin l’une de l’autre pour vivre. Cela concerne principalement 2 domaines de l’organise : la digestion et la réponse aux infections. Concernant la digestion, l’équipement enzymatique humain ne permet pas de digérer certains éléments, dont certains végétaux, et ceci est assuré par certains microbes du tube digestif. Concernant la modulation des infections, les microbes jouent un rôle important dans le rapport avec les parasites notamment. En effet, les microbes qui résident habituellement sur les muqueuses digestives défendent leur territoire par phénomène de compétition, ce qui empêche les parasites étrangers de s’y implanter.
  • Relation de parasite : les microbes sont dangereux pour l’organisme humain. Ils peuvent être invasifs en franchissant les muqueuses, sécréter des toxines responsables d’intoxications (tétanos, botulisme, staphylocoque), entraîner une réponse inflammatoire de l’organisme et transformer certaines cellules infectées pouvant être responsable de cancer.

Une maladie infectieuse résulte donc de la rencontre entre un organisme hôte (l’Homme) et un agent pathogène, responsable d’une relation de parasitisme.

Pour être infecté par un agent infectieux, l’hôte doit avoir une certaine susceptibilité dont les plus classiques sont le terrain génétique (mutation de certains récepteurs, drépanocytose, thalassémie, etc.), le sexe, l’âge (les enfants sont souvent plus exposés mais moins sensibles), les immunodépressions, le microbiote, les coinfections ou encore la présence de toxines (pouvant diminuer les défenses immunitaires).

Concernant les microbes, il faut savoir que certains ne nécessitent qu’un seul et unique contact, alors que d’autres nécessitent un contact étroit et rapproché pour être responsable d’infection.

Enfin, la rencontre entre ces 2 entités (hôte et agent infectieux) nécessite une porte d’entrée spécifique, avec inoculum important (quantité d’agent pathogène) et un contexte particulier (froid, humidité, etc.).

Susceptibilité de l’hôte

Certains éléments du terrain du patient sont susceptibles de conditionner la survenue ou la gravité d’une infection.

Âge

L’âge est un élément de terrain majeur. En effet, les nouveau-nés sont des patients à risque d’infections transmises via la filière génitale lors de l’accouchement. De plus, il faut savoir que leurs défenses immunitaires sont en grande partie issues du lait maternel. Ensuite, les nourrissons gardés en crèche, de plus en plus précocement, sont générateurs d’épidémies. Les enfants jeunes sont les personnes qui portent le plus de microbes sur eux, mais ceux-ci n’expriment généralement que peu de symptômes, ce qui leur donne donc le rôle de vecteurs majeurs dans les maladies infectieuses. Enfin, les sujets âgés sont souvent les personnes les plus à risque de complications, en raison de leurs comorbidités et de leurs réserves fonctionnelles diminuées. On comprend ici tout l’intérêt de la vaccination des plus jeunes dans la lutte contre la propagation des maladies infectieuses à l’échelle des populations, afin de protéger les personnes plus âgées.

Sexe

Le sexe est également un facteur déterminant dans la survenue d’une infection. En effet, il existe tout d’abord des facteurs anatomiques comme la longueur de l’urètre, plus courte chez la femme que chez l’homme, ce qui explique la plus grande incidence d’infection urinaire. On constate aussi des facteurs hormonaux, puisque les œstrogènes et la progestérone protègent des infections. De cette manière, l’incidence des infections chez la femme est différente selon les périodes de la vie (enfance, puberté, âge fertile, parturiente, ménopausée). Enfin, il existe des facteurs culturels, liés à l’hygiène de vie, ce qui est responsable d’une exposition différente aux microbes.

Immunodépression

Les patients immunodéprimés sont extrêmement exposés aux infections, dont notamment pour les raisons suivantes :

  • VIH, surtout aux stade SIDA
  • Granulopénie
  • Cancers et leurs traitements par chimiothérapie, dont les lymphomes
  • Cirrhose
  • Diabète
  • Splénectomie
  • Traitements anti-rejets chez les patients greffés
  • Traitement anti-TNF et autres anticorps monoclonaux
  • Corticothérapie
  • Etc.

Matériel et greffe

De nombreuses infections sont observées chez les patients greffés d’organes ou bien qui ont reçu des prothèses vasculaires, cardiaques ou ostéoarticulaires. En effet, ces prothèses constituent des facteurs de risque puisque même des bactéries habituellement non-pathogènes peuvent être responsable d’infection de matériel.

Intoxication

Certaines intoxications peuvent augmenter la susceptibilité des individus aux infections. On peut citer par exemple la tabac (altère la muqueuse respiratoire et inhibe les cils bronchiques), l’alcool (altération des macrophages, inhalation de vomi, comportements à risque, etc.) drogues intraveineuses (injections de contenus souillés), sucre, etc.

Infections nosocomiales

Les hôpitaux et autres centres de soins sont les principales sources de maladies infectieuses, même dans les pays développés. Ces infections nosocomiales se produisent le plus souvent chez des patients vulnérables, hospitalisés depuis longtemps. Elles proviennent notamment depuis d’autres patients hospitalisés, des soins en eux-mêmes (endoscopies, chirurgies, etc.), des soignants (Enterobacter et Staphylococcus peuvent être présents sur les mains des soignants) ou encore des locaux (Legionnella et Pseudomonas peuvent être présents dans l’eau).

Dans ces centres de soins, on observe régulièrement des bactéries multirésistantes, en raison d’une pression des antibiotiques qui sélectionnent certaines résistances bactériennes, mais aussi à cause du bouleversement du microbiote des patients.

Les microbes

Les maladies infectieuses sont causées par toute sorte d’agents infectieux, que l’on peut classer de la manière suivante :

  • Prions
  • Virus
  • Bactéries
  • Archées
  • Eucaryotes
J'ai également rédigé un article concernant les généralités des agents infectieux.

La rencontre

Les infections constituent donc la résultante de la rencontre entre l’hôte et l’agent infectieux. Celle-ci peut être influencée par de nombreux paramètres, comme :

  • La saison, le climat et la géographie : les grippes hivernales, les tiques ou les moustiques en périodes estivales, les maladies tropicales, etc.
  • Les contacts sociaux et la promiscuité : transmission par l’air, les gouttelettes, le péril fécal (transmission féco-orale), sexuelle, transplacentaire, contact d’objets souillés, etc.
  • Les coutumes : certains aliments ou recettes de cuisine peuvent transmettre des maladies.
  • Certains métiers : vétérinaires, éleveurs d’animaux, jardiniers, agriculteurs, personnels soignants, etc.
  • Etc.

Les conséquences de l’infection

Après avoir pénétré dans l’organisme, le microbe peut être responsable d’une multitude de symptômes. Ces symptômes dépendent tout d’abord du lieu d’expression de la maladie. Ainsi, il faut savoir que la porte d’entrée peut être différente de l’organe d’expression de la maladie. Par exemple, les hépatites virales sont transmises par voie sexuelle mais les lésions se situent dans le foie.

Infections bacteriennes
Les infections bactériennes fréquentes chez l'Homme
Infections virales
Les infections virales fréquentes chez l'Homme

Ensuite, il faut être conscient que tous les Hommes ne sont pas égaux face à la maladie. En effet, certaines personnes seront plus susceptibles de développer des infections que d’autres. De la même manière, toutes les formes sont possibles : des formes asymptomatiques, des formes peu symptomatiques et des formes graves.

Parmi les formes graves, il faut savoir que l’on parle de sepsis lorsque l’infection entraîne une dysfonction d’organe menaçant le pronostic vital. Quant à l'état de choc septique, il est défini comme un sepsis nécessitant des médicaments vasopresseurs pour maintenir une pression artérielle moyenne supérieure à 65 mmHg avec une hyperlactatémie supérieure à 2 mmol/L en dépit d’un remplissage vasculaire bien conduit.

Pour en savoir plus sur les infections, leurs symptômes et leurs traitements, je peux vous conseiller de lire le livre E. Pilly rédigé par le collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales :