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Méthode de travail pour réussir les ECN

Méthode de travail pour réussir les ECN

Au cours de mes différents stages d'interne en médecine, en particulier durant mon semestre en Réanimation Médicale au CHU, j'ai rencontré beaucoup de jeunes étudiants hospitaliers, que l'on nomme des externes. Ces étudiants en médecine sont entre la 4e et la 6e année (DFASM 1 à 3) et doivent réviser leurs cours pour passer les Epreuves Classantes Nationales Informatisées (ou ECNi). Ce concours, je l'ai passé l'année dernière (en 2018) et c'est pourquoi les étudiants me posent beaucoup de questions sur ma méthode de travail et comment faire pour réussir les iECN. Afin de ne pas me répéter à chaque fois et d'en faire profiter tout le monde, je propose donc d'en faire un article sur mon blog !

Avant de se lancer à fond tête baissée dans les explications de ma méthode de travail, il est nécessaire de faire le point sur les modalités de ce concours. Pour cela, je me permet de vous renvoyer à l'article que j'avais rédigé à l'époque : 6e année de médecine et ECN, explications. Tout y est expliqué !

Comment réussir les ECNi ?

Pour commencer, je ne vais rien vous apprendre d'extraordinaire : pour réussir les ECN, il faut travailler... Beaucoup !

Là où la PACES se limitait à une seule année de dur labeur, réviser pour les ECN se fait sur 3 voire 4 années selon les facultés de France. Il s'agit donc d'un travail intense et long, très long, trop long... C'est pour cela qu'il faut connaître ses objectifs personnels, être motivé et endurant.

Devenir major des ECN ?

Performer aux ECN, ça veut dire quoi ? Tout dépend de la personne qui se pose la question. Pour certain, réussir ce concours signifie obtenir un certain classement (majorer les ECN !), pour certains il s'agit d'obtenir une spécialité particulière, et pour d'autres il s'agit de finir le concours et de profiter des vacances d'été qui s'en suivent !

Il est important de se fixer son objectif personnel, propre à chacun ! Pour moi, c'était simple : je voulais obtenir la spécialité de mes rêves, l'Anesthésie-Réanimation, peu importe la ville de France. A vous de définir le votre...

Si cela vous intéresse, j'explique dans un article pourquoi j'ai choisi d'opter pour cette magnifique spécialité qu'est l'Anesthésie-Réanimation.

Comment avoir la meilleure spécialité aux ECN ?

Comme vous le savez sûrement, certaines spécialités médicales sont très difficiles à obtenir aux ECNi et nécessitent des classements excellents. C'est le cas notamment de la Chirurgie Plastique ou l'Ophtalmologie. En revanche, d'autres spécialités comme la Santé Publique et la Médecine du Travail sont beaucoup plus accessibles.

Honnêtement, il n'y a pas de meilleure spécialité : il faut faire la spécialité qui vous plaît et qui correspond à votre personnalité. A quoi bon se tuer à la tâche et cravacher pendant plusieurs années si au final vous n'êtes pas heureux tout au long de votre vie professionnelle...

C'est pourquoi, je pense qu'il est important de réfléchir rapidement à la spécialité qui pourrait vous intéresser, dès le début de l'externat, histoire de se fixer des objectifs. Si vous visez une spécialité peu prisée, vous pouvez vous permettre de réviser de manière plus détendu... En revanche, si vous voulez accrocher la Néphrologie, donnez tout ce que vous avez !

Je sais très bien que faire un choix de spécialité dès la 4e année est très difficile voire impossible. Personnellement, je me suis fixé sur mon objectif qu'en 6e année.

Pour avoir un ordre d'idée des classements à obtenir pour accéder aux différentes spécialités, je peux vous conseiller le site Medshake qui fournit de nombreuses statistiques intéressantes chaque année.

Quelle méthode de travail pour réussir les ECN ?

Une fois que vous avez compris les différentes modalités du concours et que vous connaissez votre objectif à atteindre, il faut se pencher sur la méthode de travail à acquérir pour réussir. Sachez là encore qu'il n'existe pas de méthode miracle. Chaque étudiant possède sa propre méthode, nous fonctionnons tous de manière différente. Il faut donc essayer différentes techniques et adopter celles qui sont les plus efficaces pour vous !

Dans tous les cas, si vous avez des objectifs élevés, les ingrédients nécessaires à votre réussite seront forcément la motivation, l'endurance et la constance. Evidemment, la chance le jour J et le talent joueront un rôle mais le fait de travailler un maximum tentent de diminuer leur importance.

Faut-il faire des fiches ?

Grande question...

Les fiches sont des résumés de cours et sont donc moins complètes par définition. En révisant uniquement vos fiches vous pouvez passer à côté de certains détails important et donc perdre des places au concours... En revanche, cela vous permet de gagner du temps dans vos révisions : pas besoin de relire à chaque fois les 15 pages des livres référentiels des collèges de spécialité.

Il s'agit d'un choix personnel. Il faut expérimenter vos propres méthodes de travail. Personnellement, j'ai fait des fiches et je ne pouvais pas travailler sans ! Cela m'a été indispensable. Je vous expliquerai ma méthode plus loin dans l'article.

Horaires et quantité de travail

Quand on se lance tête baissée, on cherche souvent juste à travailler le plus possible. On raisonne en terme de quantité de travail et de temps de travail. On entends tous les étudiants dire : "je suis crevé, j'ai passé 12 heures à la bibliothèque universaire". Oui, c'est bien mais était-ce efficace ?

Personnellement, j'y suis allé une fois à la BU, j'y ai passé toute une journée entière : presque 10h de travail acharné. Résultat : je n'ai absolument rien retenu, j'ai été totalement inefficace ! Je discutais beaucoup avec mes amis, j'étais perturbé par les aller-retours des gens, je comparais mon travail à celui des autres et je culpabilisais de pas aller aussi vite, etc.

Tout ça pour dire que le temps de travail ne signifie rien ! Ne vous faites pas de soucis si vous travaillez moins que certains de vos amis : l'important c'est le travail efficace ! En effet, mieux vaut travailler quelques heures en retenant tout plutôt que 12h sans rien savoir en fin de journée...

Faut-il faire un planning de révision ?

Une fois que vous connaissez votre méthode de travail personnelle, vous pouvez analyser combien de cours vous arrivez à apprendre par jour. En fonction de ça, il est possible de prévoir vos révisions selon vos échéances à venir.

Dans certaines facultés de médecine, les externes alternent entre 1 mois de travail à l'hôpital et 1 mois de révision. Dans ce cas par exemple, durant le mois de révision, il peut être intéressant de se fixer un planning à respecter pour optimiser son temps de travail.

Faut-il avoir une prépa privée / aller en conférence ?

En médecine, les prépas privée ont tout compris et se font un fric monstrueux sur le dos des étudiants en soif de réussite !

Comme on l'a dit précédemment, pour réussir il faut travailler efficacement et les facultés n'accompagnent pas du tout les étudiants pour ça. En France, elles servent juste à dispenser des cours et évaluer pour donner des diplômes. Pour palier à ce manque d'accompagnement pour préparer les concours, des prépa privées sont apparues un peu partout.

Certaines sont bonnes, d'autres beaucoup moins. Certaines sont disponibles sur internet, d'autres nécessitent de se déplacer physiquement dans leurs locaux.

Personnellement, je pense qu'avec une bonne méthode de travail personnelle ces prépas ne sont pas utiles. En revanche, elles le deviennent si vous avez besoin d'un cadre pour travailler, de certains conseils ou de certains contenus complémentaires comme c'était mon cas.

De plus en plus, les associations étudiants motivées organisent ce même système de travail gratuitement au sein des facultés. Cela peut être vraiment intéressant, renseignez-vous !

Quid des sous-colles ?

En 6e année, les sous-colles sont indispensables ! Kézako ? Les sous-colles sont des petites réunions entre amis / externes pour réviser ensemble, le soir !

Chaque groupe de travail fonctionne comme il veut : topo de cours, cas cliniques, etc.

Il faut surtout en profiter pour voir des gens, discuter, se plaindre et apprendre un petit peu du savoir des autres...

Comment travailler la LCA ?

Au programme des ECN, il y a maintenant la LCA ou Lecture Critique d'Article. Cette épreuve consiste à lire, analyser et critiquer des articles scientifiques médicaux, en anglais.

C'est une épreuve des plus importante car elle compte pour presque 10% de la note finale. Cela peut vous faire gagner (ou perdre) énormément de places au classement. C'est donc à ne pas négliger !

Pour la travailler, là par contre, c'est plus difficile. Il n'y a pas beaucoup de supports intéressant sur le sujet. Le livre que j'ai lu, comme quasiment tous les externes, c'est celui de Théo Pezel. Il n'y a pas de secret : il faut s'entraîner pour réussir !

Repos, pauses, loisir et détente

La 6e année de médecine est une des pires années qu'il soit quand on s'est fixé certains objectifs de performance.

Travailler c'est bien beau, mais quand on n'arrive à l'épuisement, il faut savoir s'arrêter et souffler. C'est très important de bien se connaître soit-même, de bien connaître son corps. Reconnaître quand on commence à fatiguer permet d'anticiper les pauses et de moins forcer sur l'organisme. Faire des pauses durant les longues après-midis de travail, c'est extrêmement important.

De plus, partir quelques jours en vacance et tout couper avec la médecine, c'est quasiment indispensable pour se vider la tête quelques fois.

Enfin, il faut penser à trouver quelques créneaux pour continuer de pratiquer son sport favori ou ses loisirs : c'est extrêmement important pour conserver son bien-être mental !

Ma méthode personnelle

Rentrons dans le vif du sujet : ma méthode de travail !

Dans ma faculté de médecine, l'organisation se déroulait de la manière suivante : nous avions stage hospitalier le matin et cours magistraux les après-midis en 4e et 5e année. En 6e année il n'y avait plus de cours à la faculté mais seulement des séances de révision de temps en temps. Les après-midis étaient donc libres pour nous afin de réviser.

Je m'étais fixé l'objectif d'avoir lu aux moins 2 (voire 3 fois si possible) l'ensemble des 362 items au programme des ECN avant de commencer ma 6e année.

Ainsi en 4e année, mon quotidien était assez stéréotypé. La veille au soir, je lisais les items traités le lendemain à la fac et je les fichais sur ordinateur protable. Le matin j'allais à l'hôpital faire mes bons de radio et observations médicales tranquillement.... L'après-midis, j'allais en cours avec mon ordinateur et je complétais mes fiches en fonction des informations supplémentaires données par les professeurs. Et ainsi de suite jusqu'au week-end... Le samedi, je relisais l'ensemble de mes fiches de la semaine. Finalement, cela me permettait de voir l'item 3 fois dans la semaine : 1 fois sur le livre du collège, 1 fois en amphithéâtre et 1 fois sur mes fiches.

Lorsque les examens de la faculté approchaient, je m'organisais un planning de révision où je notais les fiches que je devais lire selon les jours afin de tout revoir avant l'échéance.

En 5e année, en plus de travailler comme en 4e année, j'ai fais le choix de souscrire à une prépa privée. J'y allais un soir par semaine, le mardi. Cela me chamboulais un peu ma méthode de travail... Mes fiches des cours du mercredi, je les faisais le dimanche avec mes fiches pour le lundi... Cette prépa privée me permettait de m'exercer aux dossiers cliniques progressifs, chose que je ne travaillais pas du tout en 4e année et qui est finalement très important puisque c'est sur cela que l'on est noté à la fin !

Par exemple, un mardi soir était consacré à la cardiologie. 4 dossiers cliniques de la spécialité nous étaient proposés puis corrigés en détail. Je prenais bien soins de prendre des notes dans l'idée de refaire les conférences en 6e année. Vu ma méthode de travail, je ne pouvais pas me permettre de réviser en plus la spécialité traitée en conférence. Cela explique sûrement les mauvais/moyens classements que j'avais eu à l'époque comparé à ceux qui les révisaient.

En 6e année, j'avais donc traité tous les items des ECN et je n'avais plus de cours magistraux l'après-midi. Ainsi je me suis organisé un planning sur toute l'année où mon objectif était de faire 2 tours complet du programme. Quant aux conférences, j'y allais 2 fois par semaine, le mardi et le jeudi.

La première partie de l'année, j'ai relu l'ensemble de mes fiches en fonctionnant matière par matière. A la fin de chaque item révisé, je réalisais un dossier clinique progressif correspondant sur la plateforme SIDES. Après avoir fait cela, je revoyais dans le détail les conférences avec les dossiers cliniques progressifs et leur correction. De cette manière, je pouvais mettre 1 semaine pour réviser toute un grosse matière dans le détail par exemple.

A côté de cela, avec 3 autres amis, nous avions décidé d'organiser des sous-colles tous les dimanche soir à partir de 20h. En début d'année scolaire, on avait définit un programme sur l'année pour traiter l'ensemble des items. On ne préparait rien à l'avance : pas de petits topos de cours. Tout d'abord, on commandait à manger ! Puis on se lançait sur SIDES pour faire entre 3 et 4 cas cliniques bien notés. On projettait SIDES sur la télé du salon et on répondait tous ensemble aux questions. On faisait ensuite une correction avec les livres référentiels sur les genoux. Cela nous permettait de nous voir, de discuter de tout et de rien et surtout d'optimiser notre temps de travail car le dimanche soir : impossible de travailler efficacement tout seul...

Un dernier point que je n'ai pas encore traité : la LCA. Personnellement, j'aimais bien la LCA et je pense que c'est ce qui m'a permis de faire la différence et d'obtenir une ville intéressante en plus de la spécialité que je convointais. Pour moi c'était le dimanche : je consacrais mon après-midi à lire quelques chapitres du livre de Théo Pezel et à faire quelques articles sur SIDES ou ceux donnés par ma prépa privée.

En conclusion

En conclusion, la 6e année de médecine et les ECNi qui la sanctionnent sont une des épreuves les plus difficiles que j'ai eu à vivre au cours de ma jeune vie... Pour atteindre mes objectifs, j'ai dû énormément travailler et j'en suis fier. Dans un précédent article, je vous raconte pourquoi et comment j'ai décidé de changer de ville pour l'internat !

Appliquer une méthode de travail rigoureuse, réfléchie et adaptée à votre personnalité est indispensable pour optimiser son travail, ce qui constitue un facteur de réussite majeur.

Si vous êtes dans cette situation, je vous souhaite bon courage pour ce très difficile concours ! Ce que vous vivrez par la suite n'a rien à voir : un bon été de vacances bien mérité ! Ensuite viendra le début de l'internat de médecine... Puis enfin, pensez bien que tout cela vous permettra d'accéder au plus beau métier du monde !

Si vous avez déjà passé ce concours, n'hésitez pas à poster en commentaire votre méthode ou vos conseils, cela pourra être utile à bon nombre d'étudiants !