Kiné sans ordonnance : accès direct et remboursement
Depuis 2023, accès direct kiné sans ordonnance dans 20 départements. Jusqu'à 8 séances sans prescription.
● Quel spécialiste ? 6 min de lecture Mis à jour le 16 octobre 2026
Points à retenir
- Depuis le 19 mai 2023, la loi Rist autorise les patients français à prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute sans passage obligatoire par le médecin traitant.
- Trouver un kinésithérapeute proposant l'accès direct suppose d'abord de résider ou de consulter dans l'un des 20 départements expérimentateurs.
- Le seuil légal est clair : 8 séances maximum sans diagnostic médical préalable.
- Avec ou sans médecin traitant, la Sécurité sociale rembourse 60 % du tarif, soit 9,68 €.
Depuis la loi Rist adoptée en 2023, les patients français ont la possibilité de consulter un kinésithérapeute sans ordonnance médicale préalable, mais sous certaines conditions strictes. Ce droit s’exerce en exercice coordonné (maison de santé, centre de santé…) et, via les CPTS, dans 20 départements expérimentateurs ; il reste limité en nombre de séances. Découvrez comment fonctionne ce dispositif, quels en sont les tarifs, et comment vérifier si vous êtes concerné.
Accès direct kiné : en quoi consiste ce dispositif ?
Depuis le 19 mai 2023, la loi Rist autorise les patients français à prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute sans passage obligatoire par le médecin traitant. Pour les kinés membres d’une CPTS, il s’agit d’une expérimentation encadrée par le décret n° 2024-618 du 27 juin 2024. Cette mesure vise à améliorer l’accès aux soins pour les patients ayant des difficultés à obtenir un rendez-vous médical rapide.
Cependant, plusieurs conditions doivent être réunies. Le kinésithérapeute doit exerçer au sein d’une structure d’exercice coordonné : communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), maison de santé, ou centre de santé. Il doit aussi être volontaire pour proposer l’accès direct. Via une CPTS, cette possibilité ne concerne que 20 départements, fixés par arrêté du 6 juin 2025.
L’accès direct n’est pas sans limites. Un patient ne peut suivre un traitement kinésithérapeutique pendant 8 séances maximum sans qu’une prescription médicale ne soit requise. Passé ce seuil, une ordonnance du médecin traitant devient nécessaire pour justifier la poursuite du traitement. Cette limite protège tant le patient que le système de remboursement : elle empêche un traitement prolongé sans diagnostic médical établi.
L’expérimentation s’étend sur une période de 5 ans. Les 20 départements concernés sont :
- Aude
- Côtes-d’Armor
- Deux-Sèvres
- Gers
- Haute-Corse
- Haut-Rhin
- Isère
- Loiret
- Martinique
- Mayotte
- Meurthe-et-Moselle
- Nord
- La Réunion
- Rhône
- Seine-Maritime
- Tarn
- Var
- Vendée
- Yonne
- Yvelines
Ailleurs, l’accès direct reste possible auprès d’un kiné exerçant en maison de santé, centre de santé ou équipe de soins coordonnée ; hors de ces cadres, une prescription médicale est nécessaire pour être remboursé.
Où trouver un kiné en accès direct ?
Trouver un kinésithérapeute proposant l’accès direct suppose d’abord de résider ou de consulter dans l’un des 20 départements expérimentateurs. Ensuite, le praticien doit exercer dans une structure coordonnée (CPTS, maison de santé, centre de santé). Tous les kinés libéraux n’offrent pas cette possibilité, même en zone expérimentale.
La source officielle pour connaître les structures et les praticiens volontaires est l’Agence régionale de santé (ARS) de votre région. Chaque ARS publie la liste des kinésithérapeutes participant au dispositif d’accès direct. Vous pouvez aussi consulter l’annuaire santé ameli qui commence à intégrer cette information, bien que la couverture soit progressive.
Avant de vous présenter chez un kinésithérapeute, vérifiez directement auprès du cabinet que le praticien propose l’accès direct. Une CPTS sur votre territoire ne signifie pas que tous les kinés y sont volontaires. Un simple appel ou e-mail suffit pour clarifier cette question.
Combien de séances sans ordonnance ? Quand arrêter ?
Le seuil légal est clair : 8 séances maximum sans diagnostic médical préalable. Cette limite s’applique à tout patient consultant en accès direct, sans exception de pathologie.
Après 8 séances, si aucun diagnostic n’a été établi (ni par le kiné, ni par un examen médical), le kinésithérapeute doit arrêter le traitement. Le patient ne peut continuer que s’il obtient une ordonnance ou une lettre de son médecin traitant attestant une pathologie identifiée (antécédent, imagerie, urgence, compte rendu médical, etc.). À ce stade, le kiné contacte le médecin pour documenter le diagnostic et obtenir une prescription.
Certains patients n’achoppent pas à cette limite. Si vous avez été traité d’une pathologie identifiée (affection longue durée, chirurgie récente, accident récent, compte rendu des urgences), le diagnostic est déjà établi. Le kiné peut continuer au-delà de 8 séances sans nouvelle prescription, tant que le diagnostic reste valide et documenté.
C’est au kinésithérapeute de vérifier et de documenter le diagnostic existant ou demandé. Il est responsable du respect de cette limite légale. Si vous passez le seuil des 8 séances sans avoir reçu de nouvelle ordonnance, le remboursement peut être remis en question par la Sécurité sociale.
Coût et remboursement — que paie qui ?
Le tarif conventionnel d’une séance dépend de l’acte pratiqué ; l’exemple ci-dessous retient une séance à 16,13 €. Ce tarif s’applique uniformément qu’il y ait une ordonnance ou un accès direct.
Avec ou sans médecin traitant, la Sécurité sociale rembourse 60 % du tarif, soit 9,68 €. De ce remboursement, une franchise de 1 € est déduite. Vous recevez donc 8,68 € de la Sécurité sociale. Votre reste à charge est de 7,45 € par séance, plus les franchises éventuelles non encore atteintes dans l’année.
Certains patients sont exonérés des franchises. Les moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du 6e mois et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) ou de l’aide médicale d’État (AME) ne paient pas la franchise. Les patients en ALD sont pris en charge à 100 % pour les soins liés à leur affection, mais la franchise de 1 € reste due.
Depuis le 1er octobre 2026, le plafond annuel est de 70 € pour les franchises médicales et de 70 € pour les participations forfaitaires. Une fois atteint, aucune franchise supplémentaire n’est déduite du remboursement pour le reste de l’année civile.
Votre mutuelle santé peut couvrir tout ou partie de ce reste à charge, selon votre contrat. Consultez votre mutuelle pour connaître les conditions de remboursement complémentaire des séances de kinésithérapie.
Questions fréquentes
Je suis dans un département expérimentateur, suis-je obligé de consulter en accès direct ?
Non. Vous conservez la liberté de demander une ordonnance à votre médecin traitant. L’accès direct reste facultatif.
Y a-t-il une différence de remboursement entre l’ordonnance et l’accès direct ?
Non. Le montant remboursé par la Sécurité sociale est identique qu’il y ait une ordonnance ou non. Le taux est de 60 % dans les deux cas.
Que signifie CPTS ?
Une CPTS est une communauté professionnelle territoriale de santé, un groupement de professionnels de santé (médecins, kinés, infirmiers, etc.) d’une même zone qui s’organisent pour améliorer l’accès aux soins. Ce n’est pas un cabinet unique.
Après les 8 séances, dois-je payer sans remboursement si je n’obtiens pas d’ordonnance ?
Sans diagnostic médical préalable, les séances au-delà de la 8e doivent être prescrites par un médecin pour être remboursées. Avec une ordonnance, le remboursement s’applique normalement.
Quand cette expérimentation s’étendra-t-elle à mon département ?
L’expérimentation dure 5 ans à partir de sa mise en place. Aucune date d’extension à d’autres départements n’a été annoncée. Rapprochez-vous de votre ARS pour des informations plus récentes.
Qu’en est-il des autres paramédicaux (orthophoniste, infirmier, etc.) en accès direct ?
Cette expérimentation porte uniquement sur les kinésithérapeutes. Les règles d’accès pour les autres paramédicaux sont différentes et doivent être vérifiées au cas par cas.


