Antiarythmiques de classe 2

Antiarythmiques de classe 2

Après avoir discuté des traitements antiarythmiques de classe 1, nous allons étudier les médicaments de la classe II de Vaughan-Williams correspondant aux bétabloquants, à l’exception du Sotalol (classe III).

Ces médicaments bloquent les effets des catécholamines sur les récepteurs béta-1 adrénergiques du myocarde. Cette action va entraîner une dépression de la phase de dépolarisation lente des potentiels d’action sur le nœud sinusal, responsable d’un effet chronotrope négatif.

Il faut savoir qu’il existe de rares troubles de conduction atrio-ventriculaires liés à la dépression du nœud atrio-ventriculaire. Ce sont d’excellents antiarythmiques ventriculaires puisqu’ils diminuent l’excitabilité au niveau ventriculaire. Ils raccourcissent la repolarisation, permettant une baisse du QTc. Ils sont également inotropes négatifs, baissent le débit cardiaque et la consommation d’oxygène (ce qui leur donne des propriétés anti-ischémiantes). En revanche, ils n’ont pas d’effet sur les phénomènes de réentrées, ne permettant pas de réduire des tachycardies ou de maintenir en rythme sinusal, mais de seulement les ralentir.

Indications et contre-indications

Les béta-bloquants sont indiqués principalement dans l’insuffisance coronarienne (de l’angor d’effort à l’infarctus du myocarde), dans l’HTA et dans l’insuffisance cardiaque.

D’un point de vue thérapeutique, on peut utiliser les bétabloquants pour leur vertu sur l’espace QT (référence pour le Syndrome du QT long) alors qu’ils n’ont que très peu d’effets sur la largeur des QRS. Du fait de leur effet dépresseur du nœud sinusal, on peut les utiliser pour contrôler la fréquence cardiaque en cas de troubles du rythme supraventriculaire. Ce sont également d’excellents antiarythmiques ventriculaires, utilisables en cas de tachycardie ventriculaire (TV) ou de fibrillation ventriculaire (FV) d’origine ischémiques surtout.

Concernant les contre-indications, les bétabloquants ne doivent pas être utilisés en cas d’asthme et BPCO (effets bronchoconstricteurs), blocs sino-auriculaires et auriculo-ventriculaires, syndrome de Raynaud, insuffisance cardiaque décompensée, angor de Prinzmetal, AOMI, diabète traité par insuline (peut masquer des signes d’hypoglycémies), myasthénie.

Esmolol

L’Esmolol, du fait de son délai et de sa durée d’action courte, est un agent particulièrement intéressant dans le contexte de l’anesthésie et de la réanimation puisqu’il est très maniable.

Ce médicament partage les contre-indications communes à tous les béta-bloquants et ne doit pas être administré moins de 48h après l’administration de Vérapamil.

Il s’agit d’un médicament qui doit s’injecter sur une voie veineuse de bon calibre (centrale ou périphérique) en raison de sa veinotoxicité (inflammation, thrombophlébite, nécrose cutanée si extravasation). Comme tous bétabloquants, son administration peut se compliquer d’une hyperkaliémie, d’aggravation du psoriasis ou d’un spasme coronaire (type angor de Prinzmetal).

Le traitement débute par une dose de charge de 0,5 mg/kg sur 1 minute, puis par un entretien à la posologie de 50 µg/kg/min. Si le trouble du rythme persiste après 4 minutes, le débit continu peut être augmenté par pallier de 50 µg/kg/min toutes les 4 minutes jusqu’à 200 µg/kg/min au maximum. Chaque augmentation à un nouveau pallier étant précédé d’un bolus de 0,5 mg/kg sur 1 minute.

p>Concernant les effets indésirables, ce sont ceux des bétabloquants en rapport avec les effets inotropes et chronotropes négatifs réversibles 30 minutes après l’arrêt de l’Esmolol. Quant à l’hyperkaliémie, elle est également réversible à l’arrêt du traitement.

Gestion péri-opératoire

L’arrêt d’un traitement chronique par bétabloquant expose au risque de survenu d’un syndrome de sevrage : augmentation de la fréquence cardiaque, crise hypertensive, arythmie ou encore ischémie myocardique. En revanche, le traitement chronique par bétabloquant est bien toléré dans la période péri-opératoire.

Il est recommandé de ne pas interrompre un traitement par bétabloquant lorsqu’il est prescrit de façon chronique. Celui-ci doit être administré le matin de l’intervention avec la prémédication et repris le plus rapidement possible.

Un autre article concernant les médicaments antiarythmiques de classe 3 est disponible sur le blog !

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Publié par Karadocteur
le 21/10/2019 à 21h25
modifié le 25/02/2021 à 17h21

Dans la catégorie Médecine

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