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Réanimation Chirurgicale : fin de mon quatrième semestre

Réanimation Chirurgicale : fin de mon quatrième semestre

Lorsque je faisais un petit bilan après seulement 1 mois de stage en Réanimation Chirurgicale, je vous disais que ça me plaisait beaucoup et que j'étais épanoui. Et bien, figurez-vous qu'après tout un semestre, c'est toujours le cas !

Dans cet article, je vais vous parler de mon ressenti sur ce semestre : ce que j'ai aimé / détesté, là où j'ai progressé ou non, etc.

Ce que j'ai aimé

Le premier élément qui me vient à l'esprit quand je repense à ce semestre : c'est la bonne ambiance dans l'équipe ! Aussi bien entre les médecins séniors, qu'avec les internes, les externes, les infirmières et les aide-soignantes. Qu'est-ce que c'est agréable de travailler dans de telles conditions ! Tout le monde tire dans le même sens. C'est totalement différent de ce que j'ai pu connaître lors de mon semestre d'interne en Médecine intensive - Réanimation l'été dernier... Tous les chefs de réanimation médicale avaient des égo surdimensionnés et se tiraient dans les pattes pour prouver aux autres leur supériorité. L'ambiance était délétère pour les équipes, mais surtout pour les patients. Ces derniers mois, en réanimation chirurgicale, c'était totalement différent : j'ai toujours été content d'aller travailler. Je n'ai jamais angoissé à l'idée de passer la journée avec un chef exécrable, je ne me suis jamais fait humilier devant mes collègues de travail de façon injustifiée et je ne suis jamais sorti de garde avec le sentiment d'être un moins que rien, comme ça a pu être le cas quelquefois l'été dernier. La réa chir : c'est trop bien !

La deuxième chose qui m'a plu : c'est la diversité des pathologies traitées. En effet, comme je vous l'avais déjà écris, le recrutement de nos patients concerne les graves polytraumatismes (accidents de la route, défenestration, chute dans les escaliers, etc.), le post-opératoire de chirurgies lourdes (transplantation, duodénopancréatectomie, etc.) ou de chirurgie qui se sont mal passées (état de choc hémorragique ou anaphylactique, etc.), ou encore les détresses vitales de patients hospitalisés en service de chirurgie (arrêt cardiorespiratoire, détresse respiratoire, etc.). C'est très varié et passionnant !

Le troisième point que j'ai apprécié concerne notre organisation entre internes. Le fait d'avoir un interne "volant" qui ne s'occupe que des admissions et des transports (scanner, IRM, bloc opératoire, etc.) est vraiment pratique. Quand tu n'es pas volant, tu peux te concentrer et prendre le temps sur la visite médicale de tes 3/4 patients, sans être distrait par une multitudes de choses. Et quand tu es volant, tu as un oeil sur l'ensemble des patients du service, ce qui est utile pour la nuit, quand tu seras tout seul pendant 24 heures d'affilées !

Ce que je n'ai pas aimé

Ce que je n'ai pas apprécié durant ces quelques mois, c'est principalement la mauvaise relation que nous entretenons avec les chirurgiens. Aussi bizarrement que cela puisse paraître, bon nombre de fois nous recevons des transmissions de ce qui a été fait au bloc opératoire uniquement par l'anesthésiste qui était présent, et non par les chirurgiens. Certes, ce n'était pas toujours le cas, mais assez pour que quelques "couacs" soient survenus... En effet, certains chirurgiens ne passaient jamais en réanimation voir leur malade et ne répondaient que trop tardivement à nos questions. Il n'a pas été rare d'avoir des consignes chirurgicales, notamment concernant l’autorisation de mobilisation, de reprise d'anticoagulation ou d'alimentation, plusieurs jours après l'admission du patient en réanimation. C'est pas vraiment l'idéal dirons nous...

Du coup, vous comprenez que je n'ai pas vraiment pu progresser concernant la compréhension des montages chirurgicaux, ce qui était clairement dans mes objectifs de stage. Mais ceci, n'était pas vraiment de la faute de mes chefs, enfin de mon point de vue. Il en est de même concernant la gestion des différents drains ou lames, qui était faite trop fréquemment par nous-même en raison de l'absence de consignes chirurgicales. C'est regrettable, et surtout à mon sens, délétère pour les patients. Mais j'ose imaginer que les chirurgiens à qui je pense ont des raisons valables, que je ne connais pas.

Mes progrès

Ce semestre a pour mois était une grande révélation. En étant à l'aise avec l'équipe médicale, j'ai pu profiter d'exprimer mon opinion en staff, de partager mes réflexions notamment diagnostiques et sur les prises en charge. Je me suis senti grandir petit à petit, au fil du stage. A tel point que j'ai eu l'impression de gagner la confiance de mes chefs, qui me laissaient faire de plus en plus de choses en autonomie. Je pense notamment à des matinées où aucun sénior ne vérifiait mes prescriptions ou encore au fait que certains chefs me laissait faire des annonces de décès à des familles. J'ai beaucoup gagné en assurance et en confiance en mois.

Comme je le disais précédemment, notre organisation d'interne avec un volant nous permettait de nous concentrer sur la prise en charge de nos patients. Cela m'a libéré beaucoup de temps l'après-midi, ce qui m'a permis au final de prendre le temps de m'entraîner à l'échographie. J'ai énormément progressé en échographie cardiaque, pleurale, en eFAST et surtout en doppler transcrânien. Après réflexion, ma progression est quand même incroyable quand j'y pense, je suis très content. Pour vous dire, en début de semestre, l'échographe me faisait peur et je ne le touchais jamais. Aujourd'hui, je m'en sers tous les jours pour répondre à mes interrogations cliniques.

Enfin, un point à signaler : j'ai pu réaliser plusieurs trachéotomies percutanées, choses qui m'impressionnaient beaucoup quand j'étais externe. Et la gestion des trachéotomies, avec leurs noms très bizarres, me faisaient franchement peur. Mais finalement, j'ai eu droit à quelques topos de la part de mes chefs et j'ai lu plusieurs articles, ce qui m'a bien fait progresser sur le sujet ! Un très bon point pour ce stage, encore une fois.

Mes regrets

Mon principal regret sur ce semestre est le fait de ne pas vraiment avoir progressé en dialyse (épuration extrarénale pour les puristes). Pourtant, ce n'est pas ce qu'il manquait dans le service, mais je n'ai pas vraiment pu prendre le temps de m'y pencher. J'étais trop occupé à apprendre d'autres choses, je ne suis qu'en 4e semestre. Mais il est vrai que pour moi, ce sera franchement la prochaine étape je pense ! Ça reste toujours quelque chose de très flou dans mon esprit, ça me fait presque peur encore !

En conclusion

Pour terminer, je tiens à dire que ce semestre est clairement une confirmation pour moi. Comme je le pensais au début du stage, c'est l'aboutissement de mon début d'internat d'anesthésie-réanimation. Je me sens grandi ! J'ai franchement adoré et je me vois bien être chef dans un tel service plus tard, ça me rassure beaucoup.

Prochain semestre : anesthésie en chirurgie digestive au CHU !