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Interne en Médecine Intensive - Réanimation

Interne en Médecine Intensive - Réanimation

Si vous avez eu l’occasion de lire mes précédents articles, vous devez être au courant que j’ai débuté l’internat de médecine par un premier semestre d’anesthésie dans un hôpital périphérique. Durant la première année du DESARMIR, nous sommes obligés de réaliser également 1 semestre de réanimation. Dans cet article, je vais donc vous décrire mon raisonnement concernant mon choix de stage pour ce nouveau semestre d’internat !

Avantages d’avoir commencé l’internat par l’anesthésie

anesthesie

Commencer l’internat d’anesthésie-réanimation par un premier semestre d’anesthésie a clairement été une bonne chose pour ma part. En effet, cela m’a permis d’acquérir des compétences dans de nombreux aspects du métier de réanimateur, comme l’intubation (facile ou compliquée), la ventilation mécanique (avec gestion de différents ventilateurs/respirateurs), la manipulation de matériels (scopes, pousse-seringues etc), ou encore la pose différents cathéters (VVC, KTA, etc). De plus, j’ai eu l’occasion d’apprendre énormément de choses en pharmacologie, notamment grâce l’utilisation quotidienne des agents anesthésiques intraveineux, des curares, des morphiniques et des amines vasopressives. Tout ceci est un énorme avantage comparé à mes cointernes qui n’ont jamais fait d’anesthésie et qui doivent donc apprendre tout cela en plus des spécificités de la réanimation.

En revanche, le fait de commencer son premier semestre en anesthésie : ce n’est pas la perfection non plus. En effet, je n’ai quasiment jamais réalisé d’examen clinique pour un patient et je n’ai jamais eu de raisonnement diagnostique à effectuer... Pour moi, ceci est un gros défaut de l’anesthésie. De ce point de vue là, mes co-internes d’autres spécialités sont clairement plus forts.

Réanimation médicale ou réanimation chirurgicale ?

reanimation

De nos jours dans les grands centres hospitaliers, les réanimations sont très spécialisées. On divise classiquement les réanimations médicales (adhérente à la SRLF) et les réanimations chirurgicales (adhérente à la SFAR). Dans les réanimations médicales, sont admis généralement les patients qui ont des problèmes médicaux, c’est-à-dire : insuffisances respiratoires, insuffisances cardiaques et arrêts cardiocirculatoires, états de choc, comas acidocétosiques, etc. A l’opposé, dans les réanimations chirurgicales, on peut retrouver des patients chirurgicaux, c’est-à-dire des patients qui ont eu ou qui vont avoir une grosse opération, comme des polytraumatisés, des transplantés, des grands brûlés, etc. Le fait de distinguer ces 2 types de réanimation est un luxe que peuvent se permettre seulement des grands centres hospitaliers. Dans de plus petits hôpitaux périphériques, on retrouve généralement une seule réanimation polyvalente.

Pour ma formation de médecin anesthésiste-réanimateur, j’ai donc fait le choix de me former pendant 6 mois à la réanimation médicale dans un grand CHU. Pourquoi ce choix ? Pour 3 raisons principales :

  1. Tout d’abord, car je trouve que les pathologies que présentent les patients médicaux m’intéressent plus que celles des patients chirurgicaux. En effet, la compréhension physiopathologique, le raisonnement diagnostique et les prises en charge thérapeutiques qui en découlent sont vraiment les plus passionnantes à mon goût.
  2. Deuxièmement, car la plupart des réanimations chirurgicales prennent également des patients médicaux, alors que l’inverse est rarement vrai. Ainsi durant ce semestre, je pourrai me consacrer uniquement à l’apprentissage des spécificités de la réanimation médicale : ma formation sera forcément meilleure dans cette spécialité. J’espère donc acquérir de solides bases que je pourrai mettre en pratique dans mes futurs stages en réanimation chirurgicale pour les patients médicaux.
  3. Troisièmement, car le stage de réanimation médicale est généralement considéré comme le plus difficile de l’internat d’anesthésie-réanimation. Ainsi, si je l’ai réalisé en première année je n’aurai plus à le faire plus tard dans mon cursus…
  4. Le service est plus proche de chez moi : 3 minutes à pied, chrono en main !

C’est donc pour toutes ces raisons que j’ai choisi de me diriger vers une réanimation médicale plutôt que chirurgicale pour ce semestre. La deuxième étape de ma réflexion a nécessité de réfléchir sur la sur-spécialité de la réanimation... En effet dans le CHU où je travaille, les réanimations sont spécialisées dans plusieurs organes ou types de pathologies. Ainsi j’avais le choix entre des réanimations médicales spécialisées en hématologies, neurologies ou polyvalente. Après plusieurs jours de réflexions, j’ai opté pour une réanimation médicale polyvalente qui prend en charge principalement des patients graves de cardiologie, pneumologie et néphrologie. Je pense que cela me sera beaucoup plus utile pour la suite de ma formation et de ma carrière professionnelle. En effet, j’aurai à faire à ce genre de malades dans n’importe quelle réanimation où je pourrai être amené à travailler à l’avenir.

Mes objectifs de stage

objectifs

Pour progresser, il est obligatoirement nécessaire de se fixer des objectifs de stage à réaliser. Pour ma part, il s’agit clairement d’acquérir de solides bases du métier de réanimateur. A la fin de mon semestre, je devrai être capable de prendre en charge entièrement un patient, tout seul. Pour cela, il est nécessaire que j’apprenne les particularités du raisonnement clinique de cette spécialité et notamment comment reconnaître un patient grave. Je devrai également apprendre à ordonner et synthétiser les informations afin de les présenter de manière rigoureuse en staff, aux transmissions de garde ou à d’autres médecins de l’hôpital. Enfin, il pourrait être intéressant que je débute à me former à l’échographie cardiaque et à l’épuration extra-rénale (dialyse).

En conclusion

En conclusion, la réanimation médicale devrait être le stage le plus difficile de tout mon internat, aussi bien en ce qui concerne les connaissances théoriques de physiopathologie, le temps de présence à l’hôpital (environ 70h/semaine d’après les internes précédents) et la rigueur à acquérir. Le fait d’être passé en anesthésie durant le semestre précédent est clairement un avantage je trouve, comparé à mes cointernes cardiologues, néphrologues ou pneumologues. En revanche, ces derniers sont nettement meilleurs que moi pour le raisonnement clinique et la prise en charge thérapeutique. C’est donc sur ce point que je me dois de progresser !

J’ai hâte de commencer ! Mais j’ai surtout peur d’entendre mon téléphone sonner pendant une garde de nuit… Pour connaître la suite de mes aventures, je vous propose d'accèder à l'article sur mon ressenti après 1 mois de MIR.